News and AnalysisVolume 7Numéro 5 • Juin 2008

Eclairage sur les Négociations Juin 2008 - Éditorial


La crise alimentaire mondiale a fait la une des journaux internationaux au cours des dernières semaines. Depuis le début de l’année, il y a eu une hausse considérable des prix des produits alimentaires, qui affecte des millions de personnes parmi les populations les plus démunies. Ceci est particulièrement le cas en Afrique où nombre de revenus sont déjà faibles et où la flambée des prix des produits alimentaires de première nécessité et du carburant ont déclenché des émeutes et des manifestations dans des pays tels que le Kenya, la Somalie, le Cameroun et le Sénégal.

Début juin, le Secrétaire général des Nations- Unies, Ban Ki-moon, a exhorté les nations à saisir « une opportunité historique de redynamiser l’agriculture » afin de s’attaquer à cette crise alimentaire. Ban Ki-moon a déclaré, lors d’une conférence tenue à Rome, que la production alimentaire devrait à enregistrer une hausse de 50% d’ici 2030 pour répondre à la demande, et qu’il y avait lieu de réduire les restrictions à l’exportation et les tarifs d’importations pour atténuer cette situation.

Comme la hausse des prix des produits alimentaires semble durable, les leaders mondiaux tentent actuellement d’aider les pays à concevoir des solutions en identifiant les politiques, les stratégies et les programmes de nature à leur assurer la sécurité alimentaire dans l’avenir. A ce titre, l’équipe d’Eclairage sur les négociations a estimé qu’il était important de consacrer quelques pages ce mois-ci à l’examen de la question de l’agriculture et de ses liens avec les APE, l’aide pour le commerce, et les négociations qui se déroulent actuellement au niveau multilatéral.

Corinna Braun Munzinger et Paul Engel réfléchissent largement sur l’aide pour le commerce dans le secteur agricole, en mettant en évidence la nécessité d’accorder une place plus prééminente à l’agriculture et au développement rural sur l’agenda de la politique internationale. Cet article est complété par un examen approfondi des questions clés en jeu pour le commerce agricole ACP-UE, par Vincent Fautrel et Paul Goodison – deux des grands experts dans ce domaine.

Ce qui semble ressortir, c’est qu’il y a des préoccupations profondes dans certaines régions africaines concernant l’impact que tout processus d’élimination tarifaire sur les importations d’aliments et de produits alimentaires européens pourrait avoir sur les efforts africains visant à remonter dans la chaîne de valeur. De même, le secteur de la pêche est directement lié à la question de l’alimentation et de la sécurité alimentaire, et pour prendre ceci en compte, Liam Campling a procédé à un examen attentif des règles d’origine pour la pêche à l’heure actuelle dans les APE intérimaires.

Les divergences de points de vue sur l’agriculture sont également responsables de la lenteur des avancées dans le Cycle de Doha. À la suite de la diffusion, en mai, des derniers textes attendus de longue date, on espérait qu’une réunion ministérielle pourrait avoir lieu à Genève, en juin. Il semblerait toutefois, au moment où Eclairage allait sous presse, que Don Stephenson, Président des discussions sur l’accès au marché pour les produits non agricoles, avait suspendu toute future réunion après une semaine de consultations sans progrès.

Il reste à voir à quoi mèneront les progrès – ou l’absence de progrès – aux niveaux tant bilatéral que multilatéral. A l’approche de la période de vacances d’été traditionnelle, nous publierons un numéro double juillet-août d’Eclairage sur les négociations. A ce titre, nous aimerons encourager les contributions et l’information en retour pour nous aider à réaliser la publication la plus pertinente et la plus utile possible. Tous les commentaires peuvent être envoyés à vhanson@ictsd.ch

Nous vous souhaitons bonne lecture de ce numéro de juin d’Eclairage sur les négociations.