Passerelles Synthèse • Volume 7 • Numéro 8 • Juillet 2008
Cycle Doha: un accord est - il possible après le ” non ” irlandais au traité de Lisbonne
La signature d’un accord pour le cycle de Doha devient de plus en plus hypothéquée. En plus des divergences sur certaines questions, le refus des irlandais de signer le traiter de Lisbonne vient remettre en cause tout espoir d’arriver à un accord avant la fin de l’année 2008. Selon le président français Nicolas Sarkozy, il est “invraisemblable” de vouloir continuer à négocier un accord” sur la libéralisation du commerce mondial à l’OMC, après le “non” irlandais au traité de Lisbonne.
“L’OMC a été une question clairement évoquée dans le débat irlandais”, a-t-il affirmé lors d’une conférence de presse au terme du premier jour du sommet européen à Bruxelles. Poursuivant dans le même sens, il soutient que “si on veut accroître la crise irlandaise, il n’y a qu’à en remettre une couche là-dessus, et continuer sur un accord complètement déséquilibré à l’OMC”.
En effet certains voient dans ce ” non ” l’inquiétude des agriculteurs irlandais qu’un accord à l’OMC, tel que négocié actuellement, ne menace l’élevage bovin et la production laitière du pays.
Allant plus loin dans les critiques adressées au projet de texte sur l’agriculture, le président français dira que’ “il serait totalement invraisemblable qu’on continue à vouloir négocier un accord où nous n’avons obtenu rien sur les services, rien sur l’industrie (…) et qui conduirait à une baisse de 20% de la production agricole, dans un monde où il y a 800 millions de personnes qui meurent de faim”. Et pour M. Sarkozy, ” il y a une seule personne qui est de cet avis, c’est (le commissaire européen au Commerce) Peter Mandelson, et ce n’est pas la position de la France”.
Comme pour donner une position tranchées il déclare que : ” Je le dis de la façon la plus claire, pour nous, sur ces bases là, c’est non”.
Mais, certains gardent l’espoir quant à la conclusion des négociations. En effet l’ambassadeur américain auprès de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), Peter Allgeier, s’est déclaré optimiste quant à la signature d’un accord de libéralisation du commerce international avant la fin de l’année. “Nous travaillons toujours à la réussite du cycle (de Doha) pour cette année. Je crois qu’on peut y arriver”, a t - il laissé entendre au cours d’un déjeuner organisé par le Club international américain à Genève. Il soutient qu’une fois certaines décisions politiques fondamentales prises, les questions en suspens pourraient être résolues.
Pour lever quelques inquiétudes, M.Allgeier affirme que ; une fois des engagements pris par l’administration Bush, le prochain président sera obligé de les respecter. “Si nous réussissons à conclure les négociations cette année, il sera très difficile pour le Congrès américain de revenir sur un accord négocié avec 150 de nos meilleurs amis,” a-t-il indiqué. Il a également minimisé le fait que la loi agricole votée par le Congrès et qui prévoit des subventions de 290 milliards de dollars aux agriculteurs soit contraire aux principes du libéralisme commercial. “Le meilleur antidote à la loi agricole serait un (accord de) Doha global”, a-t-il dit.
“Si nous obtenons un tel accord, nous irons au Congrès et nous modifierons la loi agricole”, a-t-il ajouté. “Les instructions du président Bush sont très claires: nous devons faire tout notre possible pour conclure un accord … satisfaisant sur le cycle de Doha avant la fin de l’année.” Mais cet espoir américain est dilué par le ” non ” irlandais qui selon certaines voies européennes risque de remettre en cause la pertinence d’un accord.
Mais ce qui est paradoxal c’est que la commission européenne par la voix de Peter Mandelson pense que “qu’avec la volonté politique et la détermination de tous, il est toujours possible d’arriver à un accord acceptable”. “Nous avons été de l’avant en faisant preuve de flexibilité, et nous maintiendrons nos offres”, a-t-il ajouté, “mais c’est maintenant vraiment aux autres pays membres de faire preuve de la même flexibilité”.
De tels propos laissent entendre que la balle est dans le camp des pays en développement, alors que les propos de Sarkozy sont clairs, ” pour nous, sur ces bases là, c’est non “.
Sources AFP, Enda