Passerelles Synthèse • Volume 7 • Numéro 11 • Septembre 2008
APE : Au moment de mettre en place une liste de produits sensibles, Maurice bénéficie, à la faveur de l’accord intérimaire, d’un accès de son thon au marché européen
Discuss this articleShare your views with other visitors, and read what they have to say
Devant l’échec d’APE régionaux en Afrique, l’UE s’était contentée de quelques accords individuels. Ainsi, des pays qui considéraient avoir un manque à gagner dans l’absence d’accord avaient signé des accords d’étapes prenant en compte un certain nombre de secteurs et devant durer le temps que les regroupements sous – régionaux signent des accords régionaux. L’Île Maurice faisait parti de ces pays qui avaient paraphés des AI (Accords Intérimaires) avec l’UE. Justement c’est sur cette base que Maurice a bénéficié, en même temps que Madagascar et les Seychelles, d’une dérogation automatique pour l’exportation de 8 000 tonnes de thon en boîte et de 2 000 tonnes de longe de thon provenant des pays non ACP (Afrique, Caraïbes, Pacifique) et non européens. Mais en attendant l’entrée en vigueur de cet accord, l’Union européenne a agréé une demande du gouvernement en faveur d’une dérogation temporaire de 3 000 tonnes de thon en conserve et de 600 tonnes de longe de thon pour une durée d’une année sur une base rétroactive. Pour la période s’étendant de septembre à décembre 2008, quatre entreprises, à savoir Princes Tuna Ltd, Thon des Mascareignes et Indigo Co. Ltd, ont obtenu des contrats pour l’exportation de thon en boîte alors que la compagnie Seafood Hub Ltd pourra exporter des longes de thon.
Mais cet accord n’a pas pour autant fait oublier à Maurice l’obligation de protéger son marché intérieur à travers la détermination d’une liste de produits sensibles. Un certain nombre de produits tels que la farine de blé, le sel, les parfums, la peinture, les portes ou fenêtres en aluminium entrent dans cette liste et bénéficieront d’une protection tarifaire. Ces produits dits sensibles sont répartis en trois catégories, selon l’ampleur de la protection douanière appliquée. Pour la première catégorie, la protection douanière est de 12 % et concerne la farine de blé et le sel. Dans la deuxième catégorie, par contre, on dénombre les boissons sucrées sans alcool, les boissons alcoolisées, la peinture, les vernis, les parfums, les dentifrices, les savons, les produits plastiques, les structures en aluminium ou en métal (portes et fenêtres par exemple). Les droits de douane qui y seront appliqués sont de 15 %. Quant aux meubles en bois, au papier hygiénique, aux articles en cuir, aux sacs en plastique et au thé, ils font partie de la troisième catégorie de biens pour lesquels les droits de douane sont de 30 %.
Le gouvernement estime qu’un soutien est encore nécessaire pour ces produits. Cette liste sera comprise dans la liste que la SADC compte mettre sur la table pour une protection de son marché. Ces produits représentent 15 % de l’ensemble des transactions commerciales.
Ainsi, la libre circulation des produits, dans 12 des 14 pays formant cette zone SADC, concernera 85 % de l’ensemble des transactions. Pour ces produits, les barrières tarifaires et non-tarifaires sont levées, contrairement aux produits sensibles.
De solides assurances ont été données aux entrepreneurs locaux qui fabriquent des produits dits sensibles. En effet ils n’ont rien à craindre du côté de la concurrence, du moins jusqu’en… 2012. En effet, d’ici quatre ans, toutes les barrières tarifaires et non-tarifaires devront être abolies dans la zone.
Mais Michel Moothoosamy, président de la Fédération des petites et moyennes entreprises (PME), demeure sceptique. Selon lui, ce n’est pas la protection temporaire dont bénéficieront certaines entreprises qui les aidera à devenir plus compétitives.
« Dans le cadre de la SADC, les entreprises sud-africaines sont plus compétitives que celles de Maurice. La protection tarifaire accordée aux produits sensibles permettrait tout au plus aux entreprises mauriciennes concernées, de jouer sur un level playing field avec la concurrence sur le marché local », explique-t-il.
« Mais par contre, toutes les entreprises mauriciennes pourraient réussir si elles produisaient à une plus grande échelle pour l’exportation vers les pays de la SADC et de la COMESA. Elles réaliseraient ainsi des économies d’échelle, c’est-à-dire réduiraient plus leurs coûts de production. Cela les aiderait à accroître leur efficacité sur le plan international », a souligné le président de la Fédération des PME.
Source : ENDA, L’Express de Madagascar
Add a comment
Enter your details and a comment below, then click Submit Comment. We’ll review and publish the best comments.