Passerelles SynthèseVolume 7Numéro 11 • Septembre 2008

Agriculture : Après l’échec de juillet, les producteurs de banane des pays ACP harmonisent leurs positions à Yaoundé


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Alors que l’UE se bat contre les pays d’Amérique Latine sur l’affaire de la banane, les producteurs de banane de la zone Afrique, Caraïbe et Pacifique (ACP) réunis à Yaoundé les 25 et 26 août sortait une déclaration dite « déclaration de Yaoundé » dans laquelle, ils exigent que leurs intérêts soient préservés face à la menace de l’invasion de la banane des pays latino-américains sur le marché européen. Ils ont aussi demandé à ce que l’UE introduise un appel de la récente décision de l’ORD l’obligeant à revoir le régime tarifaire appliqué sur la banane provenant des ACP.
L’objectif de la rencontre était donc double : d’abord obtenir l’annulation de la décision de l’accord conclu entre l’UE et les groupes spéciaux sous l’égide des USA et de l’Equateur, cet accord intègre le principe de l’abolition douanière et favorise par la même occasion l’accès au marché européen pour la banane latino américaine au détriment la banane ACP. Ensuite faire une coalition à l’OMC afin que la banane ACP bénéficie d’un accord spécifique contraire au régime auquel sont soumis les autres pays producteurs de produits tropicaux.
Les producteurs de banane ACP ont rejeté le compromis entre l’UE et les groupes spéciaux en formulant une contre-proposition qui tolère une diminution des droits de douane à l’importation jusqu’à 109 euros par tonne mais seulement à partir de 2017. Ils demandent un démarrage de cette diminution beaucoup plus progressif, alors que l’accord UE - Amérique latine prévoit une baisse tarifaire de 28 euros la tonne dès la première année.

Pour le second objectif, il faut dire que leur appel n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd, parce que deux jours plutard, l’UE a introduit un appel contestant la décision de l’OMC en question. Elle suppose que les juges de cette instance ont « complètement ignoré » les preuves montrant que la banane de l’Amérique Latrine bénéficie d’une augmentation sensible d’accès au marché européen.
Pour rappel, le contentieux de la banane oppose l’Amérique latine à l’Union européenne depuis quinze ans devant l’OMC. Les producteurs latino-américains accusent l’Europe de les priver de débouchés en leur imposant des droits de douane élevés au profit des producteurs des pays ACP, auxquels l’UE accorde un régime d’accès préférentiel.

Pour assurer la présence des pays ACP sur le marché européen, l’UE ne fixe depuis 1993 aucun droit pour les bananes venues de ces pays jusqu’à un certain quota. En revanche 176 euros sont exigés par tonne de banane importée dans l’UE pour les latino- américains.

Au mois de juillet dernier, 11 pays d’Amérique latine exportateurs de bananes étaient tombés d’accord sur un compromis avec l’UE qui avait accepté de réduire les droits de douane à l’importation de bananes à 114 euros à partir de 2016, une période pour laisser aux pays ACP le temps de s’adapter.
Pour les pays ACP, cette situation est très préjudiciable car les Etats latino-américains ainsi que les Etats-Unis subventionnent leurs agriculteurs.
La rencontre a enregistré la participation d’une trentaine de délégations venant de la République dominicaine, de la Côte d’Ivoire, du Ghana et du Cameroun. Il y’a également une forte présence des membres de l’Association des producteurs européens de Bananes (APEB) au nombre desquels Alfred Almont, député de la Martinique ou encore Jean-Michel Emmanuel, vice-président du groupement de producteurs de Guadeloupe.

Source : ENDA, Xinhuanet

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