Passerelles Synthèse • Volume 7 • Numéro 12 • 7 Octobre 2008
Agriculture : les pays Africains doivent choisir leur propre politique agricole selon l’ONU.
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L’agriculture constitue aujourd’hui un grand enjeu de développement. Les pays membres de l’OMC sont entrain de se battre pour que les accords portant sur l’agriculture soient les moyens contraignants pour les uns et les autres. De grandes divergences sont notées entre pays développés à agriculture intensive et industrielle et pays du Sud notamment les PMA qui ont des agricultures « sous – développées », vivrières et familiales. Certaines questions relatives à ce type d’agriculture ne sont pas souvent prises en compte au niveau des instances internationales de négociation et de prise de décision. Et c’est ce qui pousse beaucoup à défendre l’intérêt pour les pays Africains de définir leur propre agriculture. Et la cause a été plaidée lors de la réunion de haut niveau des Nations Unies sur les « Besoins de développement de l’Afrique : état de la mise en œuvre des différents engagements, défis et perspectives » qui a eu lieu le 22 septembre 2008 à New York. Le président de la Fédération Internationale des Producteurs Agricoles (FIPA), M. Ajay Vashee, de Zambie, représentant les agriculteurs du monde entier a réclamé avec force que les gouvernements africains doivent dresser de nouveaux plans nationaux pour faire face à la crise alimentaire, et ce, en consultation directe avec les agriculteurs africains. Les organisations agricoles africaines doivent aussi jouer un rôle crucial dans toute stratégie concernant les prix de l’alimentation et la sécurité alimentaire.
La faim dans le monde régresse partout sauf en Afrique. D’après les prévisions de l’IFPRI, la faim dans le monde passerait de 885 millions de personnes touchées en 1990 à 772 millions en 2020. Toutefois, en Afrique subsaharienne, la faim progresserait de 138 millions de personnes en 1990 à 273 millions en 2020. « Les pays africains ont envers leurs populations le devoir de défier ces prévisions de progression de la faim sur leur continent », a déclaré le président de la FIPA : « En tant qu’Africain, a-t-il poursuivi, je sais que nous avons les terres et les agriculteurs voulus pour renverser cette situation, mais nos gouvernements doivent d’abord faire de la sécurité alimentaire une priorité et consacrer au moins 10 % de leur budget à l’agriculture, comme convenu à Maputo. Si les gouvernements veulent vraiment atteindre l’objectif de sécurité alimentaire, ils veilleront alors à ce que les agriculteurs aient accès aux ressources et aux intrants agricoles à des prix abordables, ainsi qu’à des infrastructures rurales et à un climat stable qui soient propices à la production alimentaire. »
Pour réussir, les gouvernements doivent, de concert avec les organisations et coopératives agricoles, élaborer une stratégie qui leur permettra de faire face aux problèmes cruciaux auxquels se heurte l’ensemble du secteur agricole. Il s’agit entre autres des enjeux suivants:
Paix et stabilité – mettre fin aux conflits armés; stabilité du contexte de l’instauration des politiques. Investissement substantiel dans l’infrastructure rurale – routes permettant d’acheminer les intrants vers les régions rurales et d’en expédier les produits ; installations d’entreposage et de transformation pour réduire les pertes après récolte et pour créer des emplois, ce qui exigera l’électrification des régions rurales (et l’utilisation du biogaz).
Accès aux ressources – assurer le régime foncier ; assurer l’accès à l’eau. Intrants agricoles à des prix abordables pour les agriculteurs – avec le prix du pétrole qui est censé demeurer à 100 $ le baril, les petits agriculteurs africains n’auront pas accès aux engrais et aux combustibles sans l’aide des gouvernements et des partenaires du développement ; il faut également créer des cadres financiers et relatifs au crédit qui conviennent aux agriculteurs africains.
Transfert des connaissances et de la technologie – développer les services de recherche et de vulgarisation axés sur les agriculteurs ; évaluation et intégration de la technologie.
Renforcer le pouvoir des agriculteurs sur les marchés – développement des marchés locaux pour les petits exploitants ; systèmes rentables de traçabilité et de sécurité sanitaire des aliments ; fourniture d’instruments de gestion des risques.
Renforcement des capacités pour les organisations agricoles – les gouvernements doivent collaborer avec les agriculteurs qui sont organisés pour contribuer aux processus participatifs d’élaboration des politiques et qui sont organisés sur les marchés.
M. Vashee souligne que « la réduction de la pauvreté ne sera chose possible en Afrique que si nous pouvons offrir un meilleur profit aux agriculteurs et aux ruraux pauvres ». Il a poursuivi dans les termes suivants : « Nous ne pouvons atténuer la pauvreté avec des semblants de solutions à court terme. Nous avons besoin d’un plan dans lequel les agriculteurs sont les principales parties prenantes, puisque ce sont les interventions des agriculteurs qui vont permettre de surmonter la crise alimentaire. La FIPA examinera soigneusement la Déclaration politique destinée à la réunion de haut niveau sur les besoins en développement de l’Afrique pour vérifier si la volonté politique d’inclure ces exigences des agriculteurs africains est bien réelle. »
Source : ENDA, FIPA
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