Passerelles SynthèseVolume 7Numéro 14 • Novembre 2008

PI : Faire de la Propriété intellectuelle un levier du Développement en Afrique


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A l’heure où l’économie mondiale baigne dans un environnement en perpétuelle mutation, l’Afrique doit faire preuve de beaucoup d’initiatives pour asseoir son développement. Le président Abdoulaye Wade a défendu l’idée lors de la conférence internationale sur la propriété intellectuelle et le développement social des Etats membres.

Beaucoup de pays Africains se sont retrouvés à Dakar dans le cadre de la rencontre internationale sur la propriété intellectuelle et le développement organisé par  l’Organisation africaine de la propriété intellectuelle (OAPI), en collaboration avec le gouvernement sénégalais. Les participants se sont penché sur une problématique : les rapports entre la propriété intellectuelle et le développement. la conférence qui réuni une vingtaine de ministres des pays membres de l’Organisation africaine de la propriété intellectuelle (Oapi) et près de 200 experts venus d’horizons divers donne l’occasion d’esquisser des solutions qui peuvent être apportées au moyen d’une gestion optimale de la propriété intellectuelle.

L’un des objectifs était d’expliquer la pertinence et le fond des projets de l’OAPI, de créer les conditions idoines d’une implication de la propriété intellectuelle dans le processus de développement économique des Etats membres, et sensibiliser les partenaires au développement en vue de leur implication dans le financement des activités liées à l’exploitation de la propriété intellectuelle.

L’autre objectif de la rencontre était de faire connaître les expériences réussies de l’exploitation judicieuse du système de propriété intellectuelle dans les pays africains. Les participants étaient des représentants des 16 Etats membres de l’OAPI, des organisations patronales, des bailleurs de fonds et partenaires au développement ainsi que des offices et institutions de propriété intellectuelle à travers le monde.

L’interrogation vient à son heure selon le président sénégalais  Me Abdoulaye Wade, qui présidait la rencontre, car il s’agit pour lui d’une question très importante, qui malheureusement n’est pas bien connue et la confusion vient du fait que  « les gens ne savent pas distinguer l’innovation de la propriété industrielle », estime t-il.

Dans le même sens, Abdoulaye Sakho, professeur de droit, estime qu’il faut d’abord que les populations comprennent le concept de propriété intellectuelle afin de se l’approprier.

C’est  justement cette absence d’appropriation de la propriété intellectuelle qui fait remarquer au président Wade que « lorsque l’on consulte aujourd’hui la banque des brevets, par exemple, des déclarations ou droits d’auteurs, on se rend compte que l’Afrique est très marginalisée, nous n’avons pas beaucoup d’inventions qui sont enregistrées ».
Dans la perspective de susciter l’esprit de créativité, le chef de l’Etat sénégalais avait proposé la création d’un réseau africain de la propriété intellectuelle. Ce sera, selon lui, un véritable réseau africain pour inciter les gens à créer, mais aussi pour avoir des échanges.

Selon le directeur général de l’OAPI, Paulin Edou Edou, la propriété intellectuelle doit être un levier pour le développement économique des Etats membres, mais il reconnaît que les auteurs, les compositeurs et autres artistes sont encore victimes chaque jour d’une exploitation illicite de leurs œuvres.

“Dans certains pays, il n’existe pas d’organisme de gestion collective du droit d’auteur, et les marques ou modèles industriels en provenance de nos Etats sont insignifiants. Il est important que nous mettions la recherche au cœur du développement, car c’est une quête de solutions aux problèmes de santé publique, aux problèmes climatiques et aux problèmes de ressources génétiques nationales”

La ministre ivoirienne de l’Industrie et de la Promotion du secteur privé Mme Tehoua a déploré que “la propriété intellectuelle ne soit pas entrée dans les habitudes des acteurs économiques du continent”.Dans nos pays, contrairement aux Occidentaux, la propriété intellectuelle n’est pas entrée dans les habitudes”, a-t-elle déclaré, ajoutant que “la population ne s’est pas appropriée la notion de propriété intellectuelle”. A partir de ce moment, les Etats africains doivent bâtir une stratégie de développement de la propriété intellectuelle en Afrique.

Source : Le Soleil, notes Enda

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