Passerelles SynthèseVolume 7Numéro 14 • Novembre 2008

Doha : Avec un financement du commerce qui s’est “gravement détérioré”, la signature de Doha devient plus que souhaitable


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La crise financière a entraîné la détérioration du financement du commerce mondial. Elle a causé un manque de liquidités évalué à 25 milliards de dollars. A la sortie d’une réunion avec de grandes banques commerciales et institutions financières internationales, le DG de l’OMC Pascal LAMY déclarait que “le marché pour le financement du commerce s’est gravement détérioré ces six derniers mois et en particulier depuis septembre”.

Et la situation devrait encore “se détériorer dans les mois qui viennent”.

Au cours de cette rencontre, plusieurs points majeurs fragilisant les échanges commerciaux ont été mis en exergue. Deux points essentiels ont été relevés ; il s’agit d’une part du manque de liquidités pour le financement des crédits soutenant le commerce et d’autre part d’une réévaluation générale des risques due autant à la crise financière qu’au ralentissement de l’économie mondiale”.

Pour corriger cela, les experts préconisent des actions gouvernementales, une intervention des gouvernements en d’autres termes.

La question est d’autant plus cruciale que “90% du commerce international est basé sur des crédits à court terme”, selon l’OMC qui a déjà reçu de nombreux appels de ses Etats membres, dont des pays en voie de développement, faisant état de “problèmes pour le financement de leurs activités commerciales”.

M. Lamy a précisé lors d’une conférence de presse qu’il allait envoyer un message à la réunion du G20 qui se tenait samedi à Washington, pour rappeler l’importance de ces financements. Une baisse des échanges étant à même d’aggraver les problèmes économiques rencontrés par les pays.

“Le commerce est l’oxygène pour les pays en développement. Faisons en sorte que l’oxygène ne manque pas”, a-t-il insisté citant le responsable du groupe ACP.

La crise actuelle rend encore plus “souhaitable” la conclusion du cycle de Doha pour la libéralisation des échanges, a encore souligné Pascal Lamy.

Il est toujours possible de conclure Doha, d’ici la fin de l’année si l’on en croit au ministre brésilien des affaires étrangères M.AMORIM qui pense qu’on a frolé un accord en juillet et que si maintenant des efforts supplémentaires sont fournis, on arrivera à un accord d’ici la fin de l’année.  « Nous avons une bonne occasion de donner un fort élan à la négociation qui pourrait prendre de trois à quatre semaines pour ensuite conclure le cycle de Doha » a t - il laissé entendre. Tout doit être mis en œuvre pour arriver à une heureuse conclusion de ce cycle qui n’a que trop duré, même s’il faut, comme il le dit, « brûler jusqu’à la dernière cartouche ».

La crise financière internationale qui risque de raviver le protectionnisme commercial est un bon prétexte pour fournir ces efforts et réduire les ambitions. Tout en pointant du doigt les Etats-Unis, qu’il accuse d’avoir des ambitions un peu élevées en  matière de négociations sectorielles, le Brésil, par la voie de M. AMORIM, soutient qu’il est encore plus urgent qu’avant d’aboutir à un accord.

Ce même optimisme anime la commissaire européenne au commerce Mme Catherine ASHTON qui soutient qu’ « avec de la détermination, un accord dans le cadre du cycle de Doha est à portée de main. Les détails d’une entente finale pourraient être trouvés dans
les prochaines semaines ».

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