Passerelles SynthèseVolume 7Numéro 15 • Decembre 2008

FSA : Les peuples africains en marche contre les APE


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La cinquième édition du FSA s’est déroulée à Niamey (Niger) du 25 au   28 novembre 2008. Cette édition du FSA, placée sous le thème « les   peuples africains en marche contre la mondialisation néolibérale » a   été un grand succès, tant par le niveau de participation que par la   qualité des débats sur les questions majeures auxquelles est confronté   le continent africain. L’une des grandes innovations de cette édition   a été l’organisation de caravanes par huit (8) pays de la sous-région   ouest africaine, ce qui a permis la mobilisation d’un plus grand   nombre de participants et ajouté au succès populaire du FSA de Niamey.

La veille de l’ouverture du Forum, a été organisée une grande marche à   laquelle avaient pris part entre 15.000 et 20.000 participants venus   de quelque 30 pays africains et étrangers. La marche a été à la fois   une grande fête populaire et un grand moment de mobilisation contre la   mondialisation néolibérale avec des mots d’ordre fustigeant les   politiques du FMI, de la Banque mondiale et de l’OMC, notamment la   libéralisation du commerce et des investissements, la privatisation du   service public et les politiques de déréglementation.

Le FSA de Niamey a été également marqué par la qualité des débats et   la grande affluence qu’ont connue les séances plénières et les   Ateliers. Trois séances plénières ont permis aux participants de   passer en revue les grands sujets de préoccupation du mouvement social
africain. Dans la première, des présentations suivies de discussions   passionnées ont eu lieu sur les différentes crises en cours et leur   probable impact sur l’Afrique. Ensuite, un autre grand débat fut   ouvert sur la place de l’Afrique dans la géopolitique mondiale  actuelle et sur les stratégies à suivre pour bien se positionner dans   les changements majeurs de rapports de force qui se dessinent à l’échelle mondiale. Enfin, les participants ont eu à débattre de la
question de la démocratie en insistant sur la nécessité d’explorer une   voie qui soit propre à l’Afrique.

Les mots d’ordre   ont également réservé une grande place à la lutte contre les Accords   de partenariat économique (APE) que l’Union européenne (UE) veut   imposer aux pays africains au prix d’un chantage éhonté.

C’est ainsi que, la Plateforme des organisations de la société civile ouest africain sur l’accord de Cotonou en collaboration avec ENDA a organisé une série de rencontres sur des thématiques importantes en relation avec les APE et la libéralisation.

Trois rencontres ont, à cet effet, été initiées : un forum sur les APE, un atelier sur l’intégration et le commerce intra communautaire et un autre sur l’Afrique et les nouveaux pays émergents.

Ces rencontres avaient pour objet de faire un état des lieux des différentes relations bilatérales comme multilatérales auxquelles les pays africains se sont engagés et de voir quelles sont les  imbrications. Il s’agissait aussi d’envisager les alternatives au multilatéralisme ambiant.

Durant le Forum APE, les intervenants ont donné l’état des lieux dans les différentes régnions africaines engagées dans ces négociations. A la suite de cet exercice, le constat le plus partagé était qu’à l’heure actuelle, aucune région n’est prête à s’engager dans un accord avec l’UE. Les interventions ont mis a nu l’état de non préparation du continent à une plus grande ouverture et qu’il faut d’abord consolidé les relations commerciales entre africain. Cette question a été longuement débattue. Elle a occupé les participants de l’un des ateliers organisés par ENDA et les organisations de la société civile de l’accord de Cotonou. Cette question a été jugée capitale et est un préalable à tout ouverture des marchés. En effet, es différentes sous ensemble africain doivent d’abord travailler à la construction de marchés intérieurs ensuite aller vers un marché commun africain. Ce n’est qu’en étant ensemble que l’on peut tirer des profil à l’ouverture des marchés. Mieux encore, certains ont considéré que le commerce intra communautaire constitue une alternative crédible au libre échange. D’autant plus que les relations commerciales au niveau mondial sont dans une phase de recomposition avec l’émergence de nouveaux acteurs majeurs du commerce international.

Dans un tel contexte l’Afrique doit se préparer pour tirer le maximum d’avantage avec ces nouveaux acteurs avec qui il partage l’appartenance au sud.

Les relations entre l’Afrique et ces nouveaux pays émergents étaient  le sujet du second atelier que ENDA et la PASCOA - AC ont organisé durant ce forum social de Niamey. L’objectif était de jeter les bases d’une réflexion sur les enjeux, les perspectives ainsi que les stratégies à adopter afin que le continent africain puisse tirer profit de ses éventuelles relations avec ces pays.

Plusieurs point ont été soulevés : l’alternative que pourrait constituer ces relations sud - sud,  l’obligation pour le continent africain d’adopter des stratégies envers ces pays afin d’éviter les même erreurs qu’il fit avec l’Europe, c’est-à-dire un éternel producteur de ressources naturelles.

De façon générale, le FSA de Niamey a été un grand moment de  mobilisation du mouvement social africain autour des grands défis de  développement du continent. Le FSA a enregistré une plus grande  participation des femmes et des jeunes qui ont débattu des problèmes  qui leur sont spécifiques dans leur camp portant le nom de Frantz Fanon.

Source : Secrétariat du Forum Social Africain, note ENDA.

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