Passerelles Synthèse • Volume 7 • Numéro 16 • Decembre 2008
APE : la Cote d’Ivoire confirme son APE intérimaire
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La cote d’ivoire, un an après avoir paraphé un APE intérimaire avec l’UE, a finalisé l’accord. Elle devient le premier Etat de la sous-région ouest africaine à conclure cet accord décrié par les autres pays.
Cet accord d’étape prévoit la suppression immédiate des taxes sur un certain nombre des exportations européennes et la diminution progressive des tarifs douaniers sur 15 ans. Ainsi, en attendant la libéralisation totale de ses échanges commerciaux avec l’Europe, la Côte d’Ivoire continuera à bénéficier de conditions préférentielles d’accès au marché européen pour certains secteurs de son économie.
Cette signature de l’APE d’étape n’a pas surpris beaucoup de monde. En effet le ministre ivoirien de l’intégration en charge des négociations commerciales M. Koné avait annoncé la couleur depuis longtemps. Il soutenait qu’il avait donné sa parole et comptait la respecter.
Ce pas que la Cote d’Ivoire vient de franchir et qui met la pression sur la région est hautement apprécié par l’UE. Karl-Friedrich Falkenberg l’adjoint au Commerce de la Commission européenne lors de la cérémonie de signature du document a déclaré que : « c’est un événement très important, car nous signons pour la première fois en Afrique un accord de nouvelle génération qui combine intelligemment commerce et aide au développement dans le but d’accéder à la croissance et au développement de la Côte d’Ivoire ».
Louis Michel annonçait déjà en début décembre que « la Côte d’Ivoire a intérêt à signer les accords commerciaux intérimaires proposés par l’Union européenne, en attendant la conclusion des APE, car, à défaut, à partir du 1er janvier, les bateaux européens ne pourront plus transporter les produits de base ivoiriens, comme la banane et le cacao ».
« Les pertes auraient été grandes si la Côte d’Ivoire renonçait à la signature de l’accord intérimaire qui est perçu comme un accord de substitution aux APE » a déclaré le ministre ivoirien de l’Economie et des finances M. Koffi. Les pertes s’élèveraient à 200 milliards de FCFA de recettes fiscales par an selon le ministre.
Avec l’APE d’étape, les pertes de recettes seront de l’ordre de 7 milliards de CFA. Et selon toujours M. Koffi, ces «7 milliards qui seront perdus, seront très vite rattrapés grâce à un dispositif qui est mis en place et qui consistera entre autres à transformer les recettes de portes en recettes fiscales ».
Mais l’essentiel pour les officiels de la Cote d’Ivoire c’est qu’« à partir du premier janvier 2009, la cote d’ivoire ne sera pas dans une aventure mais dans un canevas ».
Cette peur de perdre d’importantes recettes financières a conduit l’Etat ivoirien à outrepasser le mandat et la position de la CEDEAO.
Pendant ce temps la région cherche des voies et moyens pour conserver son unité. Parce que cet accord finalisé risque de remettre en cause tous les efforts que les pays de la CEDEAO fournissent pour l’intégration mais aussi pour avoir un APE régional d’ici juin 2009.
Si certains comprennent la position de la Cote d’Ivoire, d’autres ne comprenne pas l’empressement avec lequel elle a agit.
Tout compte fait, la région a l’obligation de s’ajuster pour conserver son unité.
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