Passerelles SynthèseVolume 11Numéro 2 • Fevrier 2010

OMC/ DOHA : Les ministres d’une vingtaine de pays tentent de relancer le cycle de Doha


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Face à la montée du protectionnisme depuis le début de la crise, les acteurs politiques du commerce multilatéral tentent de trouver des solutions à cela. C’est dans ce cadre que  les ministres du Commerce d’une vingtaine de pays réunis dans le cadre du sommet de Davos qui s’est tenu les 27 - 31 janvier 2010, se sont engagés à tenter de lever cette année 2010 les obstacles subsistant au bouclage des négociations commerciales du cycle de Doha.

Dans un communiqué publié à l’issue de leur réunion en marge du Forum économique mondial de Davos, en Suisse, ils ont aussi promis de ne pas créer de nouvelles barrières commerciales.

Toute mesure de blocage des importations dans le but de sauver des emplois ne ferait qu’aggraver la crise, comme ce fut le cas dans les années 1930, avaient prévenu les ministres avant de se réunir à l’initiative du gouvernement helvétique.

La ministre suisse de l’Économie, Doris Leuthard, a déclaré que les ministres pourraient se retrouver pour discuter du cycle de Doha avant le sommet du G20, le 2 avril à Londres, au cours duquel les dirigeants mondiaux comptent arrêter des mesures de lutte contre la crise économique et financière mondiale.

“L’ouverture des marchés est la meilleure chose à faire pour combattre la crise”, a-t-elle dit, ajoutant que les négociations étaient en bonne voie.

Le ministre canadien du Commerce, Stockwell Day, a fait état d’un degré élevé d’optimisme et souligné qu’il y avait consensus sur la nécessité d’éviter tout retour au protectionnisme.

Peter Allgeier, représentant américain au Commerce par intérim, a assuré que Washington faisait en sorte que tout plan de relance de l’économie soit conforme aux règles du commerce international.

Les ministres s’étaient inquiétés de ce que le projet de plan de relance déjà adopté par la Chambre des représentants impose d’acheter de l’acier américain pour les infrastructures financées par le plan, ce qui risque d’entraîner des représailles protectionnistes, exactement comme dans les années 1930.

“Nous travaillons avec le Congrès, avec la Maison blanche, pour faire en sorte que tout ce que nous ferons pour surmonter la crise économique soit compatible avec nos obligations”, a déclaré Allgeier à l’issue de la réunion.

Le recours aux protectionnismes des grandes puissances

Plusieurs puissances ont néanmoins déjà adopté des mesures protectionnistes. L’Union européenne a imposé récemment des taxes à l’importation allant jusqu’à 85% sur les vis et les boulons chinois, une mesure qui risque d’entraîner une plainte de la Chine auprès de l’Organisation mondiale du commerce.

Ces dernières semaines, de grandes puissances commerciales telles que les États-Unis, la Chine et l’Allemagne ont fait état d’une chute de leurs exportations à la fin de l’an dernier et le transport international aérien des marchandises a baissé de près d’un cinquième en décembre.

Le sommet du G20 a été rapidement suivi d’une hausse par l’Inde de ses taxes à l’importation sur l’acier et d’une hausse des taxes à l’importation de voitures par la Russie, qui ne fait pas partie de l’OMC.

L’Union européenne a de son côté repris ses subventions à l’exportation de produits laitiers, une mesure autorisée par la réglementation commerciale actuelle mais qui devrait être interdite par le futur accord de Doha.

Cette politique protectionniste est “très préoccupant”, selon le ministre néo-zélandais du Commerce, Tim Groser, et plaide pour que “ces mesures soient suspendues au plus tôt pour éviter que d’autres pays suivent cet exemple”.

En tout état de cause, le directeur général de l’OMC, Pascal Lamy, a estimé qu’aujourd’hui, en dépit de progrès enregistrés au cours de l’année sur plusieurs questions épineuses, le fossé restait trop profond pour lancer un ultime effort en vue de boucler les négociations.

Notes Enda, sources Reuters

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