Passerelles SynthèseVolume 11Numéro 3 • Mars 2010

OMC : Lamy plaide pour une plus grande ouverture des échanges mais les négociations ne bougent pas.


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“Le système commercial multilatéral a prouvé sa robustesse comme rempart contre un protectionnisme effréné”, c’est ce qu’à déclaré le Directeur Général de l’OMC Pascal Lamy, dans un discours prononcé ce 24 février 2010, devant le European Policy Centre à Bruxelles.”

Et cette résistance du système de l’OMC face à la crise fait que selon Lamy, la meilleure issue est la conclusion du Cycle de Doha qui est aujourd’hui un “impératif économique”. Et il faut aller au-delà de la conclusion du cycle, il faut ouvrir d’avantage les marchés.

Il estime que « la spécialisation de la production et les structures d’exportation basées sur l’avantage comparatif sont au cœur de l’intégration économique européenne ».

Il a fortement loué cette pratique puisqu’il a laissé entendre que « la zone de libre-échange permet aux pays qui en font partie de tirer profit des gains d’efficience résultant de l’ouverture du commerce et générés par l’avantage comparatif, les économies d’échelle, la concurrence accrue, l’accès à différents intrants intermédiaires et l’affectation intrasectorielle des ressources. En outre, l’UE constituant une forme d’intégration encore plus approfondie, qui autorise la libre circulation des facteurs de production entre ses États membres, les ajustements s’en trouveront facilités en cas de choc économique asymétrique dans un pays ».

La conclusion qu’il en tire c’est que tout le monde doit travailler pour que « le commerce reste ouvert » ce qui passera par la conclusion du Cycle de Doha, qui serait un accord qui « offrirait de nouvelles possibilités commerciales, grâce à la réduction des obstacles tarifaires et des subventions internes » mais aussi à la réduction des coûts fixes des échanges commerciaux.

A travers les arrangements commerciaux qui établissant des engagements contraignants pour les pays Membres, la croissance économique pourrait se traduise par la création d’emplois.

Dans la conclusion de son long plaidoyer, Lamy dit : « Il est évident que l’ouverture des marchés risque d’exposer des pays et leurs populations à une plus grande volatilité. Mais la réponse ne saurait résider dans le refus de l’ouverture. Elle doit être de s’assurer que l’ouverture des marchés est encadrée par des règles internationales et par des politiques nationales et internationales, comme l’Aide pour le commerce, qui atténuent les effets défavorables éventuels pendant la période de transition ».

Dans la réalité des négociations, il est noté peu d’avancées. Dans  le domaine de l’agriculture, seul les discussions sur les modèles de présentations avancent. Le Président poursuit ses consultations, en particulier dans le domaine du Mécanisme de Sauvegarde Spécial (MSS), où certaines questions techniques sont à l’examen, y compris sur la base de communications des Membres et dans le domaine de la simplification des tarifs, la création de contingents tarifaires. Des discussions sont aussi menées dans le domaine des produits tropicaux et l’érosion des préférences.

Dans le domaine de l’AMNA aussi, les discussions sont menées mais aucune avancée significative n’est notée, le Directeur de l’OMC a lui-même reconnu cette lenteur en estimant qu’ « à l’évidence, les Obstacles non Tarifaires (ONT) ne sont pas un domaine dans lequel des résultats peuvent être obtenus rapidement et il faudra encore beaucoup de discussions et de clarifications ».

Les discussions sur les services qui portent actuellement sur l’accès aux marchés, l’élaboration de règles et le texte d’un projet de dérogation pour les préférences accordées aux PMA, n’avancent pas.

En sommes, aucune des questions centrales dans les négociations n’avancent, mais cela n’enlève en rien l’optimisme du DG de l’OMC qui demande à ce que le bilan de mars “injecte de l’énergie politique et du dynamisme” dans les négociations.

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