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L’année 2008 aurait dû être consacrée à terminer les tâches inachevées dans les négociations sur les Accords de partenariat économique (APE) entre l’UE et les États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP), en vue de la signature, de la notification à l’OMC et du démarrage du processus de ratification de tous les accords (intérimaires). En parallèle, des accords sur des APE complets compatibles avec les processus et l’agenda d’intégration régionale auraient également dû être promus. Mais une fois de plus, ce scénario a partiellement capoté. Seuls quatorze pays du CARIFORUM ont signé un accord général en octobre 2008 (après de nombreuses difficultés avec Guyana et sans Haïti) ; l’accord a été notifié à l’OMC le jour suivant, et le processus de ratification vient de démarrer. Bien que l’esprit des négociations se soit amélioré depuis janvier 2008, les questions clés n’ont pas encore été résolues et il reste beaucoup à faire. Que pouvons-nous donc attendre pour 2009 ?
Bien que le calendrier des négociations dans les régions africaines et du Pacifique, présenté dans les APE intérimaires, se prolonge jusqu’en 2009, des mesures sont prises actuellement par le groupe ACP pour examiner les questions en suspens au plus haut niveau. Nombreux sont ceux qui attendent de la nouvelle Commissaire au commerce européenne, Catherine Ashton, qu’elle donne le nouvel élan politique nécessaire pour achever les négociations d’un APE juste et équitable. Dans ce numéro double de fin d’année d’ Éclairages, un entretien avec la Commissaire au commerce et à l’industrie pour l’Union africaine, Elisabeth Tankeu, se dit convaincue que ce processus des APE intérimaires paraphés n’a pas « répondu aux attentes ». Tout au long de l’entretien, elle expose ses réflexions sur la meilleure voie à suivre pour les États ACP et pour l’Afrique en particulier. Cet entretien donne un aperçu du point de vue d’acteurs clés sur les moyens les plus efficaces de promouvoir les processus de négociations, afin qu’ils répondent non seulement aux fortes attentes en 2009, mais plus important encore, aux objectifs de développement sur le long terme.
Au nombre des autres attentes à clarifier en 2009, figurent les engagements attendus sur l’aide pour le commerce et le soutien à la mise en œuvre des APE. Toutefois, les ressources additionnelles seront , au mieux limitées, sinon inexistantes, et les attentes ont été revues à la baisse. Le défi clé à relever à présent pour les pays ACP est d’identifier des approches régionales, générales, pour définir et mettre en œuvre les programmes d’aide devant être financés par la Commission européenne et par les États membres de l’UE.
Alors que les pays s’acheminent vers la mise en œuvre des APE intérimaires, Aurelie Walker examine les moyens de réaliser l’objectif d’intégration dans l’économie mondiale qui figure dans les APE. Walker soutient que les États ACP doivent développer leurs relations commerciales avec d’autres pays en développement et développés, élaborer leurs propres initiatives d’intégration régionale et continuer de recourir au Groupe ACP pour partager leurs expériences de négociation.
Avec l’intensification des consultations sur l’intégration régionale et des processus de négociation, les opportunités et les défis singuliers de chaque région sont devenus plus clairs. Dans ce numéro d’Éclairages, Natalie Rochester aborde les défis et les opportunités pour la région du CARIFORUM, à la suite de la signature d’un APE complet mi-octobre 2008. Elle examine, ici, comment les dispositions sur les services et les engagements d’accès au marché figurant dans l’accord peuvent aider à élargir les opportunités, à stimuler les investissements, à rehausser la capacité d’exportation et à renforcer la compétitivité dans les Caraïbes.
Toutefois, toutes les régions ne sont pas parvenues au même niveau de cohérence dont les Caraïbes jouissaient préalablement à la signature. La division des configurations APE fin 2007, a suscité une réflexion interne sur les processus d’intégration régionale existants. Toutefois, l’année à venir promet des progrès. En premier lieu, les progrès se poursuivent vers l’harmonisation prévue du tarif extérieur commun de la CEDEAO et de l’UEMOA, tandis que l’on s’attend au début de l’harmonisation des tarifs extérieurs communs de la COMESA, de la Communauté de l’Afrique de l’est (CAE), en vue de la création d’une zone de libre-échange tripartite entre la COMESA, la CAE et SADC. Dans ce numéro, l’article de Francis Mangeni sur l’investissement dans la région de l’Afrique de l’Est, plaide pour que les négociations APE tirent partie des processus d’intégration régionale en cours en Afrique de l’Est, dans le cadre d’une stratégie visant à promouvoir la réalisation des objectifs de la CAE.
Il y a un nouveau sentiment d’optimisme en ce qui concerne les perspectives d’intégration économique sur le continent africain, ainsi que des craintes de voir les APE affaiblir ce processus, au lieu de le renforcer. Il est crucial pour une mise en œuvre fructueuse des APE de stimuler la confiance des investisseurs en ces temps d’incertitude créée par les crises financières, alimentaires et environnementales globales. Dans ce numéro, Patrick Osakwe aborde la question de savoir si et comment la crise financière affectera l’Afrique et appelle la communauté internationale à prendre des mesures pour limiter la gravité des implications potentiellement négatives pour la région africaine.
Ce numéro d’Éclairages comprend également un examen des modifications apportées aux prescriptions en matière de règles d’origine dans les APE, mené par Eckart Naumann. Dans un autre article, Martin Doherty avance des recommandations en montrant comment les APE représentent des opportunités pour surmonter les pratiques sanitaires et phytosanitaires nuisibles de l’UE.
A l’approche de 2009, le climat financier et politique enregistre des changements significatifs par rapport l’année passée. À présent, les pays riches comme les pays pauvres auront à relever des défis considérables découlant de la récession globale prévue pour 2009. Ensemble, ces pays œuvrent actuellement à surmonter la crise, ce qui aurait dû fournir l’élan nécessaire pour conclure le Cycle de Doha. Si un accord avait été conclu avant la fin de l’année – chose maintenant impossible - le regain de confiance dans le système commercial multilatéral pourrait fournir aux décideurs l’environnement approprié pour prendre en compte les questions en suspens dans les APE et accélérer le processus de négociation des APE en 2009. Toutefois, au moment où Éclairages est mis sous presse, il n’y a en vue aucune perspective allant dans ce sens.
Comme toujours, nous encourageons vos commentaires sur ce numéro. Veuillez envoyer toute réaction à Caitlin Zaino à czaino@ictsd.ch
Au nom de l’ensemble de l’équipe éditoriale, je vous souhaite une bonne lecture de ce numéro d’Éclairages et vous présente nos meilleurs vœux à l’occasion des fêtes de fin d’année.
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