EclairageVolume 9Numéro 1 • Fevrier 2010

Éditorial


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On ne se souviendra pas de 2009 comme d’une année particulièrement propice pour les relations internationales. Plus particulièrement, la Conférence des Nations-Unies sur le changement climatique a raté sa cible, qui était la conclusion d’un accord international contraignant sur la question du changement climatique, avec une réunion de fin d’année à Copenhague qui a sapé la confiance (déjà fragile) qu’avaient les gouvernements  sur cette question. Pour ce qui est du commerce international, le bilan est tout aussi décevant. Lors d’une réunion ministérielle de l’OMC, également tenue en décembre, les gouvernements  ont pris soin d’éviter le sujet qui fâche, à savoir la question du cycle de Doha, qui entre péniblement dans sa neuvième année.

2009 ne sera pas non plus une année mémorable pour la négociation des APE entre l’UE et les pays ACP. Les accords intérimaires de 2007-2008 n’ont pas encore été remplacés par des accords complets. Si plusieurs APE intérimaires ont été signés en 2009, la plupart n’a encore été ni notifiée à l’OMC, ni mise en œuvre. En outre, plusieurs pays continuent de repousser la signature de leurs accords intérimaires conclus avec l‘UE. Quels sont les obstacles? Il y en a un grand nombre, bien sûr, qu’Éclairage s’est attaché à mettre en évidence ces dernières années. Mais le plus dérangeant est peut-être celui souligné par Darlan F. Marti, que nous avons invité à contribuer au numéro de ce mois-ci, et qui note que de nombreux analystes sont d’accord pour affirmer qu’il «continue à y voir un manque de confiance considérable entre les deux parties dans les négociations». Nous ajouterons qu’il y a également une sous-évaluation des avantages potentiels d’un APE en matière de développement.

L’année 2010 présente-t-elle de meilleures perspectives ? Il y a certaines raisons d’être  optimiste. En premier lieu, le prochaine Commissaire européen au commerce, Karel De Gucht, a fait part de son attachement à conclure des APE qui accorderaient la priorité à la promotion du développement dans les pays ACP. Il se dit également convaincu que le Cycle de Doha peut être conclu d’ici un à deux ans, avec un accord honorant son agenda de développement. Et il y a un grand espoir, tant dans les régions ACP qu’en Europe de voir cette année, la signature de quelques autres APE intérimaires, voire la conclusion d’un certain nombre de nouveaux APE, notamment au niveau régional. Mais l’avenir nous le dira.

Pour ce qui est d’Éclairage, nous continuerons en 2010 à fournir informations et analyses sur les accords de partenariat économique, les processus d’intégration économique régionale et les questions de commerce et développement.

Le dernier numéro d’Éclairage de l’année 2009  comprenait une série spéciale d’articles sur les liens entre les politiques commerciales et environnementales. Dans ce premier numéro de 2010, nous reprenons ainsi là où nous en étions restés, avec un article de Beatrice Chaytor, Chargée de Programme pour Juristes et économistes internationaux contre la pauvreté, sur les dispositions environnementales dans les APE.

Nous examinons ensuite la question de la libéralisation des services du point de vue de la région Afrique orientale et australe (AfOA), dans un essai de Narainduth Boodhoo, chef du groupe de négociation sur le commerce des services pour la région AfOA.

Quelles implications auraient les modalités du projet de l’OMC sur le commerce du sucre ? Amani Elobeid, un analyste international spécialisé sur les questions du sucre et de l’éthanol à FAPRI (Food and Agricultural Policy Research Institute) à l’Université d’Etat d’Iowa, apporte quelques éléments de réponse, sur la base de la recherche qu’elle a récemment menée sur le sujet.

Darlan Marti apporte un nécessaire éclairage sur les négociations APE en étudiant attentivement les 17 essais rédigés par des experts du commerce et des décideurs de haut rang et réunis dans le livre électronique récemment publié, «Updating Economic Partnership Agreements to Today’s Global Challenges».

Enfin, la question épineuse des obstacles techniques au commerce est examinée par Achille Bassilekin, directeur adjoint du Bureau des ACP à Genève. Cet article  offre des propositions concrètes pour surmonter les obstacles au commerce rencontrés par les pays ACP en raison de la profusion de règles et de normes techniques auxquelles ces pays doivent se conformer pour avoir accès aux marchés de l’UE.

Comme toujours, vos commentaires, conseils ou propositions d’articles sont les bienvenus. Vous pouvez les adresser à dvisdunbar@ictsd.ch

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