EclairageVolume 9Numéro 4 • Mai 2010

Éditorial


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Lorsque l’on  pense aux produits des Caraïbes, le rhum et la banane viennent naturellement à l’esprit. Mais de récents développements ont ravivé les inquiétudes concernant les menaces qui pèsent sur les producteurs de ces marchandises.

Dans le cas du rhum, une préoccupation découle de l’arrêt du programme spécial financé par l’Union européenne et destiné à aider les producteurs de rhum des Caraïbes à faire face à la concurrence mondiale. Si le soutien des bailleurs au secteur privé en matière d’ajustement du commerce et de la production s’est souvent avéré décevant, notre premier article, basé sur une étude publiée par ECDPM et CTA, soutient que dans l’ensemble le programme en faveur du rhum peut être considéré comme un modèle de réussite. Malheureusement, l’arrêt du financement pour ce programme est prévu pour juin et les auteurs de cet article soulignent que celui-ci risque ainsi de prendre fin trop tôt, ce qui pourrait saper les progrès réalisés jusqu’ici.

Sir Ronald Sanders, ancien Haut Commissaire d’Antigua et Barbuda au Royaume-Uni et Ambassadeur auprès de l’Organisation mondiale du commerce, est tout à fait du même avis.  Dans son commentaire rédigé avec force, Sir Sanders condamne la décision de la Commission européenne de mettre fin au programme en faveur du rhum et exhorte les gouvernements des Caraïbes à agir.

Les lecteurs réguliers d’Éclairage le sauront certainement : les producteurs de bananes des Caraïbes sont confrontés à des défis similaires. Á la suite du règlement en novembre dernier du différend commercial qui a longtemps opposé l’UE aux producteurs de bananes d’Amérique latine, les bananes en provenance d’Amérique latine se verront appliquées un droit de douane progressivement plus faible à l’entrée du marché européen, réduisant la compétitivité-prix des bananes en provenance des Caraïbes. C’est pour cette raison que l’UE a établi un fonds de 190 millions d’euros pour aider les producteurs de bananes des pays ACP à s’adapter à cette concurrence accrue. Renwick Rose, coordinateur de l’Association des Agriculteurs des Iles du Vent (Windward Islands Farmer Association - WINFA) souligne que les gouvernements caribéens et la Commission européenne ont omis d’impliquer les producteurs de bananes de manière adéquate dans la détermination de l’utilisation de ces fonds.

Passant à la région de l’Afrique orientale, où la Communauté de l’Afrique de l’Est (CAE) semble en voie de signer un APE avec l’UE, nous avons consulté un représentant du secteur privé pour examiner les défis du secteur dans la région et la façon dont les entreprises se sont engagées et s’engagent dans les négociations commerciales. Charles Yegella, spécialiste du commerce des services au sein de l’EABC et du JEICP, déclare que les entreprises d’Afrique de l’Est adoptent actuellement une posture offensive afin de tirer partie des opportunités d’exportation vers l’UE. Dans cet entretien, Charles Yegella évoque également les défis à relever pour la communauté des affaires de la région. Ces défis sont multiples et vont des normes strictes en matière de santé et de sécurité sanitaire, qui rendent difficile pour les exportateurs africains l’entrée sur le marché européen, à l’imprévisibilité des politiques générales, qui entrave le  développement des affaires dans la région.

Proposant certaines recommandations pour le secteur de la pêche dans les pays ACP, Pierre Failler, chercheur à l’Université de Portsmouth, au Royaume-Uni, déclare que les entreprises devraient se concentrer sur la qualité plutôt que sur la quantité. En d’autres termes, en prêtant attention à la condition de capture du poisson, ainsi qu’à manutention, son stockage et son transport, les pays ACP pourraient exploiter le marché lucratif des produits halieutiques haut de gamme. Selon Pierre Failler, une telle approche serait logique pour des raisons à la fois économiques et environnementales.

Nous publions également dans le numéro de ce mois-ci un article écrit par Manoj Pant, Professeur à l’Université Jawaharlal Nehru, à New Delhi, en Inde, analysant un dilemme auquel l’Afrique du Sud est confrontée. L’Afrique du Sud est actuellement partie à un accord bilatéral de libre-échange avec l’UE ; elle envisage toutefois la possibilité de rejoindre l’Accord de Partenariat Economique régional impliquant ses voisins d’Afrique australe et l’UE. Manoj Pant conclut dans cet article que si le coût économique d’une telle transition pour l’Afrique du Sud semble minime, son coût politique est en revanche beaucoup plus complexe.

Comme toujours, vos commentaires et propositions d’articles sont les bienvenus. Vous pouvez les adresser à l’adresse suivante : tni@ictsd.ch

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