PasserellesVolume 13Numéro 4 • Decembre 2012

Financement du développement des PMA : la CNUCED mise sur la contribution des diasporas


Discuss this articleShare your views with other visitors, and read what they have to say

La Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement (CNUCED) a publié le son rapport 2012 sur les pays les moins avancés (PMA), intitulé “Mettre à profit les envois de fonds et les compétences des diasporas pour renforcer les capacités productives”. Ce rapport rentre dans le cadre  du Programme d’action d’Istanbul arrêté en Mai 2011 où huit  domaines d’action prioritaires à l’intention des PMA et de leurs partenaires de développement furent définis. L’un de ces domaines est la mobilisation de ressources financières pour le développement et le renforcement des capacités avec comme moyens,  cinq sources de financement à savoir : la mobilisation des ressources intérieures; l’aide publique au développement; l’allègement de la dette extérieure; l’investissement étranger direct; et l’envoi de fonds des migrants. Ce dernier élément étant un point phare du rapport du CNUCED qui analyse la contribution potentielle des migrants dans une perspective de promouvoir la croissance économique et le  développement des capacités productives à travers l’investissement et  le développement du secteur financier.

De manière générale, les PMA ont une forte dépendance aux conditions économiques extérieures. Ils n’ont pu se soustraire des contraintes liées au  déclin général de l’économie mondiale. En effet, la crise économique mondiale a provoqué un ralentissement de la croissance des 48 PMA et les perspectives pour 2013 ne sont guère encourageantes. Selon la CNUCED, face à ce contexte, les envois de fonds doivent donc être mis à profit pour diversifier l’économie.   Les sommes rapatriées par les émigrants originaires des PMA ont été multipliées par huit entre 1990 et 2011, passant de 3.5 milliards à 27 milliards de dollars. Le nombre des émigrants originaires des PMA a également augmenté, passant de 19 millions en 2000 à 27 millions en 2010. Il correspond à 3,3 % de la population de ces pays.

Devant ces  faits, la CNUCED recommande d’améliorer, dans les PMA, les conditions générales pour mettre davantage à contribution pour le développement des capacités productives, les envois de fonds et les compétences des diasporas. Les politiques concernant les migrations, les envois de fonds et les relations avec les diasporas devraient en outre faire partie intégrante des stratégies nationales de développement, et non pas,  des éléments isolés recommande en outre le rapport.

Les envois d’argent peuvent favoriser l’investissement et le développement des capacités productives

Les envois de fonds des migrants suscitent une attention croissante au niveau international. Il est de plus en plus reconnu qu’ils constituent une source appréciable de financement qui, gérée au moyen de politiques appropriées, pourrait se révéler particulièrement précieuse pour des pays en développement manquant de capitaux, aidant a la réduction de la pauvreté et permettant la diversification des sources de revenu ainsi que l’accroissement du développement économique et social- en particulier dans les domaines de l’éducation et de la santé. En outre ils contribuent a l’augmentation  des capacités financières intérieur, ce qui permet aux ménages bénéficiaires, en particulier dans les zones rurales, de solliciter et d’obtenir l’accès à des produits et services financiers qui leur seraient sinon inaccessibles. L’exploitation de ce potentiel dépend toutefois de l’environnement institutionnel et réglementaire que les pays bénéficiaires mettent en place. Autrement dit, la mobilisation effective des envois de fonds dépend essentiellement de la capacité de l’État à créer un environnement macroéconomique «centré sur le développement ».

Les Diasporas, sources  de promotion du transfert de   compétences et de connaissances vers les pays d’origine

Si les inquiétudes générées par les incidences négatives de l’exode des compétences communément -autrement appelé « fuite des cerveaux »- restent valables, les récents débats semblent désormais mettre l’accent sur les moyens de collaborer avec les diasporas et de tirer le meilleur parti de leur contribution potentielle au développement,  en faisant de l’exode un atout. Le rôle que peuvent jouer les migrants, en particulier les professionnels qualifiés,  en tant qu’agents de développement  faisant le lien entre des pays d’origine et des pays de destination ne cesse de susciter  un intérêt croissant de la part des décideurs politiques en raison des divers bénéfices pour leurs pays d’origine que ces diasporas représentent en   matière de transfert de technologie, d’acquisition de compétences et d’échange de connaissances. A cet effet, le rapport suggère aux pays à concevoir une approche pragmatique, contextuelle de la mobilisation des diasporas en s’inspirant exemples éloquents sont fournis par différentes communautés d’émigrants indiens, chinois, coréens, taïwanais, vietnamiens, turcs et bangladais, pour n’en citer que quelques-unes.

RAPPORT 2012 SUR LES PAYS LES MOINS AVANCÉS

http://unctad.org/fr/PublicationsLibrary/ldc2012overview_fr.pdf

Add a comment

Enter your details and a comment below, then click Submit Comment. We’ll review and publish the best comments.

required

required

optional