Passerelles SynthèseVolume 7Numéro 3 • Avril 2008

Commerce Sud - Sud : l’Inde et la Chine exposent leur offre à l’Afrique


Le commerce entre les pays du Sud devient de plus en plus une réalité. Certains pays du Sud deviennent aujourd’hui de véritables partenaires commerciaux pour la plupart des pays sous développés de l’Afrique. Et certains voient en ce commerce une véritable alternative aux accords commerciaux avec les pays du Nord qui, selon beaucoup d’études d’impacts, ne peuvent pas apporter le développement parce qu’étant déséquilibrés.

Les pays tels que le Brésil, l’inde ou encore la chine deviennent de plus en plus présents en Afrique de l’Ouest et comptent développer des relations commerciales fructueuses fondées sur un principe de gagnant - gagnant. Ces nouveaux pays portent un intérêt certains pour les pays sous développés du Sud. Ils envisagent de ” construire sur le long terme ” un partenariat solide, pour reprendre les termes d’un responsable indien qui s’exprimait ? New Delhi en marge du quatrième conclave sur un projet de partenariat Inde/Afrique organisé par la Confédération de l’industrie de l’Inde (CII), en association avec le gouvernement indien et la Banque export import de l’Inde (Exim Bank).

L’INDE et l’Afrique : une relation commerciale en marche

L’Inde, ” veut ainsi se démarquer des autres pays en essayant de promouvoir une coopération originale basée sur un partenariat mutuellement bénéfique et diversifié, qui embrasse tous les secteurs, de l’agriculture, aux transports en passant par la santé, l’éducation, la biotechnologie “. Ainsi une série d’initiatives et de cadres de travail institutionnels ont été mis en place par l’Inde dans ce cadre, pour créer un environnement favorable au commerce et aux affaires. Ces programmes visent, selon le secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères indien, à encourager le commerce bilatéral entre l’Afrique et les relations d’investissements. Cette stratégie a commencé à porter ses fruits à partir de 2002 avec le lancement du programme intégré” Focus Africa ” (regards sur l’Afrique) qui a permis de booster les relations commerciales entre les deux parties. En effet, les échanges entre l’Afrique et l’Inde ont connu un développement prodigieux en quelques années, passant de 967 millions de dollars US en 1990/91 à 25 milliards de dollars US en 2006/07. Cette augmentation s’est faite aussi bien au niveau des importations que des exportations. De 393 millions de dollars US en 1990/91, les exportations indiennes on atteint 10,3 milliards de dollars US en 2006/07.

La même tendance se vérifie au niveau des ventes de l’Afrique en Inde qui sont passées de 573 millions de dollars US en 1990/01 à 14,7 milliards de dollars US en 2006/07.Si, au début de ce programme sur l’Afrique, l’Inde avait mis l’accent sur sept pays qui représentaient 69% du commerce bilatéral avec l’Afrique, notamment : Nigeria, Afrique du Sud, Maurice, Kenya, Ethiopie, Tanzanie et Ghana, elle l’a élargi à 17 autres pays africains. Le quatrième conclave Inde/Afrique, s’est déroulé du 19 au 21 mars 2008. L’objectif visé par les organisateurs est de créer une plate-forme crédible d’information, de dialogue et une meilleure compréhension entre l’Inde et l’Afrique pour solidifier les relations économiques. Il s’agit, à travers ce conclave, de créer une plate-forme pour les décideurs africains et les agences de financement multilatérales, régionales et nationales correspondantes.

Les propositions chinoises pour un partenariat solide

La chine aussi a fait des propositions pour renforcer la coopération sino-africaine, notamment dans les domaines économique et commercial, a laissé entendre M. Li Changchun, membre du Comité permanent du Bureau politique du Comité central du Parti communiste chinois (PCC), en visite officielle en Afrique pour mettre en application le consensus conclu entre le Président chinois Hu Jintao et des dirigeants africains, afin de promouvoir l’exécution des résolutions du Forum de coopération Chine-Afrique tenu en novembre 2006. Il a décliné les contours de l’offre chinoise.

D’abord, selon lui, il faut renforcer la compréhension mutuelle, faire preuve de prévoyance et maintenir la bonne tendance du développement de la coopération sino-africaine.

Les deux parties devraient maintenir l’échange de visites de haut niveau, continuer à renforcer les échanges dans divers domaines et renforcer la confiance mutuelle politique.

La coopération que propose la chine devrait se baser sur les principes de ” bénéfices réciproques et coordination à pied d’égalité” afin d’emprunter une voie ” bonne et rapide”.

Les autorités chinoises et Africaines devraient penser à une augmentation des échanges afin de créer un environnement plus avantageux pour le développement de la coopération entre la Chine et l’Afrique.

L’échange du personnel et le partage des informations entre des entreprises chinoises et africaines devraient aussi trés intensifiés. La Chine favorisera l’augmentation des importations provenant de l’Afrique et encouragera les entreprises chinoises à accroître leurs investissements en Afrique, tout en conseillant aux touristes chinois à visiter l’Afrique afin d’augmenter les revenus des pays africains.

M. Li a appelé les deux parties à prêter beaucoup d’attention aux domaines importants et à créer de nouveaux moyens pour favoriser le développement de la coopération sino-africaine.

Les deux parties envisagent aussi d’améliorer la structure commerciale entre la Chine et l’Afrique et augmenter le volume du commerce bilatéral.

Les entreprises chinoises devraient coopérer avec l’Afrique avec de hautes technologies, des produits et des services de qualité, et maintenir les principes de la compétition équitable et des bénéfices réciproques, a ajouté le dirigeant chinois.

Il a hautement appréciéle développement des relations sino- marocaines depuis l’établissement des relations diplomatiques il y a 50 ans. La coopération sino-marocaine fait partie du nouveau partenariat stratégique entre la Chine et l’Afrique, a dit M. Li.

Les relations entre la Chine et l’Afrique sont devenues de plus en plus étroites et la Chine a accordé à l’Afrique le soutien à la mesure de ses capacités et sans aucune condition, a souligné M. Li.

Dans l’enceinte de l’ONU et d’autres organisations internationales, la Chine a fermement sauvegardé les intér^rts des pays en voie de développement, dont les pays africains, et appelé la communauté internationale à donner la priorité à la paix et au développement de l’Afrique.