Passerelles SynthèseVolume 10Numéro 11 • Juillet 2009

OMC : « Parvenir à une conclusion ambitieuse et équilibrée du cycle de développement de Doha en 2010 » : l’ambition des G 8 et 5


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La crise qui secoue le monde à plusieurs niveaux serait très loin de connaître son épilogue pensent certains. Le comportement des Etats depuis le début de cette crise fait penser qu’elle est partie pour durer. Les plans de relance et les mesures protectionnistes qui sont en train d’être mis en œuvre ont fini de montrer la frilosité des Etats et leurs appréhensions sur la crise.

Cette situation a fortement influencé le système mondial du commerce et le cycle de négociation de Doha qui selon certains est la seule solution à la crise. Parmi eux, le Directeur général de l’OMC qui annonçait récemment que “Le pire de la crise en matière sociale est toujours à venir, ce qui veut dire que le pire de la crise en matière politique est toujours à venir”.

De l’avis de Lamy, au lieu de se renfermer et de mettre en place des politiques protectionnistes, les pays devaient plutôt faire confiance au système de l’OMC et aider à conclure le cycle de négociation.

“Si vous voulez vraiment maintenir les échanges commerciaux ouverts, vous devez comprendre (…) que le meilleur moyen est de continuer à ouvrir les échanges commerciaux”, d’où “l’urgence” de conclure le cycle de Doha pour la libéralisation des échanges, avait lancé le DG de l’OMC à la veille du sommet des pays du G8 en Italie. Ce énième appel est similaire à celui lancé avant le sommet du G 20, comme l’auteur l’a du reste rappelé, “Mon message au G8 sera très similaire à mon message au G20 de Londres”.

Le sommet semble comprendre que le cycle de Doha peut être le sauveur face à la crise. En effet, le G8 et les pays émergents, réunis à L’Aquila en marge du sommet du G8, veulent conclure les négociations de Doha sur la libéralisation du commerce “en 2010″ et s’engagent à “résister au protectionnisme”.

La déclaration G8/G5 à laquelle se sont associées l’Australie, l’Indonésie, la Corée du Sud, l’Afrique du Sud et l’Egypte a décliné un certain nombre de points sur lesquels ces pays se sont engagés. Ainsi on peut lire dans la déclaration : “Nous encouragerons l’ouverture des marchés pour les échanges et les investissements”, “Nous avons pris l’engagement de chercher à parvenir à une conclusion ambitieuse et équilibrée du cycle de développement de Doha en 2010″. Ils ont aussi décidé de se réunir au niveau des Ministres du Commerce
“avant le sommet de Pittsburgh” du G20 les 24-25 septembre aux Etats-Unis.

Mais est-ce que le système de l’OMC résistera à la crise ?
En tout cas l’organisation travaille pour la conclusion du cycle de négociation de Doha, elle compte étendre son champs d’application pour une meilleure prise en compte des différents aspects de la crise et participer à une meilleure régulation des relations internationales. L’OMC a dénoncé de nouveaux dérapages protectionnistes parmi ses 153 pays membres et revu à la baisse des prévisions 2009 pour le commerce mondial, qui
devrait plonger de 10%, au niveau le plus bas depuis la Seconde Guerre
Mondiale.

Les pays en développement payeront la plus lourde tribu

“L’impact du ralentissement des échanges commerciaux sera plus dur pour les pays en développement”, a par ailleurs averti M. Lamy. L’organisation s’attend ainsi à ce que les flux commerciaux des pays en développement se contractent cette année de 7%, contre 2% à 3% initialement prévus.

Le président de la Banque mondiale, Robert Zoellick, avait prévenu lundi que les mesures protectionnistes mises en place par certains gouvernements pour contrer la crise économique risquent de “déraper” et que les états ayant entrepris de telles mesures “jouent avec le feu”.

En raison du tarissement attendu des échanges commerciaux, l’aide au commerce “est devenue aujourd’hui essentielle”, a souligné M. Lamy, qui a également prôné une relance “la plus rapide possible” du cycle de Doha.

Il faut rappeler que la crise économique a généré un besoin urgent de rétablir la confiance dans le système mondial de gouvernance économique, financière et commerciale. Un consensus politique se dégage clairement sur la nécessité de renforcer les règles de fonctionnement des économies de marché et le contexte politique qui s’y prête. Il faut encore de la volonté pour y arriver.

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