Passerelles SynthèseVolume 5Numéro 8 • Octobre 2006

La conférence des ministres de l’agriculture d’Afrique de l’ouest et du centre (CMA AOC) plaide pour l’harmonisation des politiques régionales et des moyens accrus à l’agriculture


La Conférence des ministres de l’Agriculture de l’Afrique de l’ouest et du centre (Cma/Aoc) s’est tenue du 30 août au 1er septembre dernier à Saly, au Sénégal. La rencontre avait pour entre autres objectifs de partager les informations disponibles sur le rôle et la place de l’agriculture dans le processus de développement économique et social et de l’intégration régionale de l’Afrique de l’Ouest et du Centre. Elle ambitionnait de mettre en place un réseau de tous les acteurs possibles du secteur et leur offrir une plate-forme pour échanger sur tous les aspects de l’agriculture qui ont un impact sur les négociations commerciales de l’Omc et sur les APE. L’atelier a réuni environ 90 participants venus des pays de l’Afrique de l’Ouest et du Centre, des organisations intergouvernementales (Cedeao, Uemoa, Cemac, Ceac) et des institutions internationales.

A l’issue de cette rencontre ministérielle, plusieurs recommandations ont été arrêtées dans l’optique d’accroître les fonds destinés au secteur agricole. Il en ressort que les pays membres devront s’employer à consacrer 10% des dépenses d’investissement au secteur de l’agriculture. Les ministres de la Cmac/Aoc ont également convenu d’une meilleure cohérence de l’Afrique dans les négociations à l’Organisation mondiale du commerce et des Accords de partenariat économique (APE).

Les pays d’Afrique centrale devront toutefois s’activer pour l’accélération de la formulation de leur politique agricole commune afin de l’harmoniser avec celle d’Afrique de l’ouest notamment dans le cadre du Programme détaillé de développement de l’Agriculture en Afrique (volet Nepad). Les participants ont souhaité la mise en place rapide des instruments de la politique agricole en Afrique centrale qui semble être en retard par rapport à l’Afrique de l’ouest.

L’agriculture constitue aujourd’hui un enjeu majeur pour les pays d’Afrique de l’ouest et du centre dans le contexte de la négociation simultanée du programme de Doha pour le développement à l’OMC et des APE entre les régions d’Afrique et l’Union européenne. Les ministres de l’Agriculture ont ainsi appelé à une plus grande cohérence dans les négociations à l’OMC et dans les APE qui doivent déboucher sur un paquet de développement.

Abordant la question des matières premières, les ministres ont estimé que l’initiative sur les matières premières à l’OMC devrait être plus outillée pour permettre de prendre en compte les problèmes cruciaux de ces produits, notamment les problèmes de productivité, de baisse des prix et d’accès aux marchés. Ils ont invité également les négociateurs à s’inscrire pleinement dans la communication conjointe du G33, le groupe Africain, le groupe des Acp et les Pays moins avancés (PMA, relative aux produits spéciaux et au mécanisme de sauvegarde spéciale. La rencontre recommande par ailleurs une plus grande concertation entre les négociateurs au niveau des Ape pour confronter les argumentaires et formuler des stratégies conjointes dans le secteur agricole. Selon les participants, la Cma/Aoc devrait appuyer une telle démarche. Les participants ont, en outre, mis en place une alliance formée à partir des réseaux pour une meilleure implication de tous les acteurs de l’Afrique de l’ouest et du centre dans les négociations de l’OMC. La Cma/Aoc est une organisation inter gouvernementale regroupant les ministres de l’agriculture et/ou de l’élevage de 20 pays, dont 14 d’Afrique de l’Ouest (Bénin, Burkina Faso, Cap Vert, Côte d’Ivoire, Gambie, Ghana, Guinée, Guinée Bissau, Mali, Mauritanie, Niger, Nigeria, Sénégal, Togo) et 6 pays du Centre (Cameroun, Congo, Gabon, Guinée Equatoriale, République de Centre Afrique, Tchad).

Elle a l’ambition de développer des échanges intra-régionaux grâce à la création d’un marché régional des produits agricoles, de promouvoir les produits d’exportation par une meilleure compétitivité et d’élaborer des mesures d’accompagnement transversales pour favoriser un développement durable de l’agriculture et une harmonisation des politiques agricoles au niveau régional. Sources : Le soleil ; aps ;