Passerelles SynthèseVolume 6Numéro 5 • Mai 2007

Zone Comesa : Vers un système commun de tarifs douaniers en Afrique australe et orientale.


Les pays membres du Marché commun des Etats d’Afrique australe et de l’est (Comesa), réunis à Nairobi, ont adopté un système commun de taxes sur les biens entrant dans leur zone, étape-clé dans la création d’une union douanière prévue fin 2008.

Ce système de tarifs douaniers doit entrer en vigueur en décembre 2008 au moment du lancement de l’union douanière et quatre ans après la date initialement prévue. Selon l’accord conclu lors du sommet des chefs d’Etat du Comesa à Nairobi, une taxe de 10% pour les biens intermédiaires et de 25% pour les produits finis sera appliquée à l’entrée de chacun des 19 pays membres de l’organisation.

La libre circulation des biens d’équipement et des matières premières sera, elle, assurée. “Je suis satisfait car nous avons réaffirmé notre détermination à élever notre intégration économique régionale au niveau d’une union douanière d’ici à décembre 2008″, s’est réjoui le président kényan Mwai Kibaki, qui a pris la présidence tournante du Comesa à l’occasion du sommet.

Cependant, des pays dont l’économie est fragile et qui sont réticents à l’union douanière pourront appliquer des tarifs spécifiques pour des produits “sensibles”, a-t-il ajouté, sans donner de précisions.

Le Comesa, dont le siège se trouve à Lusaka (Zambie), est le principal bloc économique en Afrique orientale. Créé en 1993, il représente un marché de près de 400 millions de personnes avec un produit intérieur brut de 170 milliards de dollars (126 milliards d’euros) par an. A l’origine, le Comesa devait se transformer en zone de libre-échange en 2000, en union douanière en 2004 et en union monétaire en 2025.

Mais les projets ont pris beaucoup de retard. A ce jour, six Etats du Comesa (République démocratique du Congo, Ethiopie, Erythrée, Seychelles, Swaziland et Ouganda) n’ont toujours pas intégré la zone de libre-échange, où les échanges ne sont pas taxés, et sont hostiles à la création d’une union douanière.

Lors du sommet de Nairobi, auquel huit dirigeants des pays membres du Comesa ont participé, le président zimbabwéen Robert Mugabe a été nommé vice-président de l’organisation régionale. Le prochain sommet du Comesa est prévu en 2008 au Zimbabwe.

Dénonçant les difficultés des pays africains à accéder aux marchés des pays développés, M. Mugabe a jugé “important d’aller vers la commercialisation de ce que nous produisons”. “Alors que l’aide extérieure peut jouer un rôle d’appui, à la fin, ce sont nos efforts qui détermineront si oui ou non nous parviendrons à un développement vrai et durable”, a-t-il ajouté dans un discours de clôture, alors que son pays, ancien grenier à céréales de la région, connaît une inflation record et des pénuries de produits essentiels.

Les participants au sommet ont évoqué la situation en Somalie, pays en guerre civile depuis 1991, les tensions entre l’Ethiopie et l’Erythrée, et la guerre dans la région soudanaise du Darfour. “Les gains économiques réussis par nos pays et notre aspiration à un avenir meilleur pour notre peuple continueront à nous échapper tant que nous ne parviendrons pas à assurer la stabilité sur le continent”, a prévenu le président égyptien, Hosni Moubarak, qui ne participait pas au sommet mais a fait parvenir ce message aux participants.

Le Comesa regroupe le Burundi, les Comores, la République démocratique du Congo, Djibouti, l’Egypte, l’Erythrée, l’Ethiopie, le Kenya, Madagascar, le Malawi, Maurice, l’Ouganda, le Rwanda, les Seychelles, le Soudan, le Swaziland, le Zimbabwe, la Zambie et la Libye.