Passerelles SynthèseVolume 4Numéro 6 • Mai 2005

Signature d’une convention de coopération entre le Maroc et la Chine : la coopération Sud-Sud se concrétise


Le Maroc et la Chine ont signé lundi 16 mai 2005 à Rabat une convention de coopération dans différents domaines. Cette convention a été signée par le ministre marocain de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur, de la Formation des cadres et de la Recherche scientifique, Habib El Malki et le vice-ministre chinois du commerce, Yu Guangzhou en visite au Maroc.

A cette occasion, M. El Malki a qualifié les relations entre le Maroc et la Chine "de remarquables", soutenant qu’il s’agit " d’une coopération de proximité" dans la mesure où elle concerne des secteurs socio-économiques sensibles pour le peuple marocain. Cette convention de coopération est la résultante d’échanges intenses que ces deux pays ont développé le courant de l’année 2004. Durant cette année la valeur des échanges a atteint la somme de 105millions de dollars soit une hausse de 35%. Et tout cela malgré la menace des produits chinois sur la production locale. A ce propos le ministre marocain de l’Industrie, du Commerce et de la Mise à niveau de l’économie, Salah Eddine Mezouar relativise en jugeant que : " Depuis deux ans, l’attrait des produits chinois est devenu extrêmement important, mais c’est le cas dans quasiment tous les pays.

Les coûts relativement bas de la Chine font que les importateurs marocains sont de plus en plus intéressés par ses produits. Même en payant les droits de douane, ils demeurent relativement compétitifs par rapport aux produits d’origine européenne et aux produits locaux. La Chine est en train de gagner des parts de marché, sa progression est significative, mais pas au point de déstructurer le marché. Si on raisonne au niveau local, il n’y a pas encore péril en la demeure ; si on raisonne au niveau régional - l’espace Euromed -, la Chine enlève des parts de marché au Maroc, qui est un fournisseur traditionnel de l’Europe. Là, il y a danger effectivement. Nous veillons, pour notre part, au respect des normes de qualité, de santé et de sécurité ".

Tout cela montre qu’il y’a un certain dynamisme dans les rapport Sud-Sud qui encore une fois ne constitue pas une option mais plutôt un impératif si toute fois ces pays veulent résoudre leurs difficultés économiques et prétendre à une plus grande représentativité dans le concert des nations. Ces cas de coopérations commencent à faire légion et cela ne constitue qu’une bonne augure pour ce qui est de la conduite que les pays du sud ont l’obligation de tenir lors des prochaines rencontres commerciales et les nouveaux calendrier à suivre. Le Maroc en ce sens fait partie des meilleurs élèves de la classe ; en effet si hier encore c’était des accords de libre échanges avec les pays de l’Uemoa, aujourd’hui c’est avec un pays d’une autre dimension. Mais les autres pays ne sont pas en reste ; c’est le cas de l’Algérie qui a signé avec la Chili des accords de coopération énergétique. Ces accords, signés par le président algérien Abdelaziz Bouteflika, en visite au Chili, et son homologue chilien, Ricardo Lagos, visent à évaluer les possibilités d’exportations par l’Algérie du gaz naturel liquéfié vers le Chili. Ils bénéficieraient aux deux parties : en aidant le Chili à faire face à la crise énergétique apparue suite à la réduction des livraisons de gaz par l’Argentine et en développant les projets énergétiques de l’Algérie en Amérique latine, a indiqué la source.

Les deux dirigeants ont salué les accords comme étant une chance pour leurs pays d’améliorer leurs relations qui sont déjà bonnes. Et cette coopération Sud -Sud continue à faire son bonhomme de chemin ; on se rappelle de la visite du Président brésilien en Afrique ; visite qui l’a conduit au Sénégal et qui montre que les pays du Sud ont tout à gagner dans leurs coopérations puisque dès cet instant les effets d’élargissements des marchés leur donnera une bouffé d’oxygène. Et la non coopération aboutirait à l’inverse à une situation désastreuse pour les pays du Sud. La guerre commerciale révélera en effet le caractère coûteux d’une discrimination commerciale entre Pays en développent : en se protégeant délibérément les uns des autres, ils y perdraient en termes d’industrialisation, et de bien être avec une dépendance vis à vis des importations de biens industriels en provenance du Nord. Dans l’environnement actuel où le commerce de produits manufacturés entre Pays du Sud eux même est en croissance rapide, ils pourraient accroître leur chance de sortir de la trappe de sous développement en abaissant les barrières commerciales visant les produits exportés par d’autres pays en développement.

Pendant longtemps certains ont pensé que la coopération Sud-Sud n’était qu’un simple slogan politique ou encore un concept géographique qui ne peut pas prospérer. Et cette inquiétude frappait même certaines personnalités des institutions internationales. C’est dans ce sens que l’administrateur du PNUD Mr Mark malloch Brown disait que : " liés par des éléments historiques et géographiques, par des défis commun, les pays du Sud ont d’importantes leçons à partager, notamment de nombreux exemples de réussites… ". Ces propos laisse entendre que ces pays du Sud ont une obligations de se retrouver, de développer es coopérations qui soutiendront leurs économies par les avantages comparatifs et réciproques.

Par ailleurs, La Conférence de haut niveau du Groupe des 77 et la Chine, tenue du 16 au 19 décembre 2004 à Marrakech, est parvenue à la conclusion que la coopération Sud-Sud "n’est pas seulement une option mais un impératif" complétant la coopération Nord-Sud en vue de contribuer à la réalisation des objectifs du Millénaire concernant le développement.

Dans le document final baptisé "Déclaration de Marrakech", qui constitue la continuation des recommandations du premier Sommet du Sud, tenu en avril 2000 à La Havane, les 133 pays du Groupe conviennent que la coopération entre eux représente le fondement de la solidarité qui doit leur permettre de faire face aux plus grands défis, soulignant que tout en continuant à reconnaître l’importance de la compréhension et du partenariat avec le Nord, il faut dire que notre développement nous incombe en premier lieu.

sources : Jeune Afrique l’intelligent, www.bladi.net le portail de la diaspora marocaine