Passerelles Synthèse • Volume 5 • Numéro 7 • Aoùt 2006
Après l’échec des discussions à l’OMC, l’Afrique du Sud exprime ses profonds regrets
Le gouvernement sud-africain a fait par de ses " profonds regrets " devant l’échec des discussions commerciales mondiales et attiré l’attention sur le risque d’instabilité croissante dans le système commercial mondial, si les discussions ne reprenaient pas sous peu. Dans une déclaration publiée à la suite de l’échec des négociations, le gouvernement a averti que l’incapacité à conclure un pacte commercial global constituerait " un manquement à de nombreux engagements louables. " L’avertissement a été lancé peu après que le Directeur de l’organisation mondiale du commerce a déclaré ne pas savoir si le redémarrage des discussions du Cycle de Doha prendrait des mois ou des années, ou si elles redémarreraient jamais. Une évolution des positions de négociation des Membres clés de l’OMC serait nécessaire pour permettre la relance du processus, a-t-il déclaré.
Dans une mise en garde réitérée par Lamy, le gouvernement sud-africain a déclaré que les accords bilatéraux pouvaient s’intensifier face aux sombres perspectives en vue d’un pacte mondial et que ceci constituait une menace pour les pays en développement. L’Afrique du Sud estime que le système commercial mondial est confronté à "une série de dangers" et que si les discussions ne redémarraient pas sous peu, pouvait on lire dans la déclaration publiée par le ministère du commerce et de l’industrie. Ces risques comprenaient la perte de légitimité, la non pertinence de la prolifération des arrangements commerciaux bilatéraux et l’intensification des litiges et des différends, en particulier dans le commerce des produits agricoles, et la menace croissante de protectionnisme. Ce qui est perçu comme une débâcle pour le Cycle a été imputé au peu d’empressement des États-Unis et de l’Union européenne (UE) à procéder à des abaissements additionnels des subventions agricoles et des droits tarifaires sur les produits agricoles.
De très fortes réactions ont été observées en Afrique du sud et à l’échelle globale. Le ministre de l’agriculture sud-africain s’est déclaré " profondément déçu " devant l’absence d’accord. Il faudrait à présent recommencer les discussions sur le point de savoir quelles étaient les responsabilités de l’Afrique du sud vis-à-vis de l’OMC. Selon Jannie de Villiers, secrétaire exécutive de la South African Agricultural Processors Association : " Suite à la reconnaissance du fait que ces négociations n’ont pas été en mesure de réaliser les objectifs des pays en développement, l’Afrique du sud doit réexaminer ses stratégies commerciales et tarifaires pour se repositionner. La suspension des négociations est une énorme déception. " a-t-elle poursuivit. Elle a estimé que " l’échec de ce Cycle montre clairement que les pays riches ne veulent pas partager leurs richesses avec les pays en développement ". Son association représente diverses grandes industries de transformation des produits alimentaires en Afrique du sud.